Prix Nobel de la paix 2006 décerné à Muhammad Yunus et "sa" Graamen Bank
Ce prix montre donc que le micro-financement, en luttant contre la pauvreté, permet également de favoriser la sécurité au niveau mondial.
Le président du comité Nobel Ole Danbolt Mjoes a en effet déclaré: "Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté", pour expliquer le choix fait parmi les 191 candidats en lice.
La Grameen Bank créée en 1976 par le Bangladais Muhammad Yunus est le premier organisme officiel de micro-crédit (qui consiste à prêter de l'argent pour financer les projets des plus pauvres dans les régions rurales). Elle a dores et déjà prêté environ 3 milliards d'euros à plus de 2,4 millions d'emprunteurs (source Wikipédia).
Le Monde signale : "Aujourd'hui, la Grameen Bank dispose de près de 1 400 succursales et travaille dans plus de 50 000 villages à travers le pays. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts. Et affiche des taux de remboursement de près de 99 %, à l'instar de la plupart des autres institutions de ce type."
Ce prix va permettre de médiatiser une pratique prometteuse pour les pays en développement et qui contribue à la réussite de nombreux projets. Je suis ravie !
Voir aussi le prinicpe de Kiva qui donne la possibilité aux particuliers de participer au micro-financement.
Photo: Photo d'archives/REUTERS/Mian Khursheed








Le modèle est intéressant et montre, à l'inverse d'un modèle basé sur le don, qu'on peut faire sortir de l'extrême pauvreté des gens destinés à le rester en les responsabilisant. Le système est diablement efficace (taux de remboursement de près de 99%)et repose sur le matriarcat (les femmes reçoivent 97% des prêts). Il s'agit avant tout de prêts d'équipement (acquisition d'outils ou d'un animal) ou de prêts destinés à créer un fonds de roulement pour un petit commerce. Les sommes distribuées sont très faibles et les taux d'intérêt très élevés (20% par an au démarrage mais c'est bien sûr à comparer avec les taux de la Banque Centrale, eux aussi très élevés). La banque est donc super rentable compte tenu d'un taux de sinistre super faible et d'une rémunération des dépôts de l'ordre de 8%.
Ce que j'ignore en revanche, c'est ce qu'il y a entre le microcrédit et les banques classiques, c'est-à-dire quel accompagnement propose t-on ensuite à l'individu pour faire développer son business et le faire passer de la pauvreté à autre chose ?
Rédigé par: flyintiger | le 13 octobre 2006 à 23:13
Je trouve admirable ce monsieur, il mérite les plus grands et humbles éloges du monde.
Un emprunt de 27$ accordé en 1976 à un fermier, la banque prête plus de 5 milliards USD à plus de 5 millions de personnes aujourdhui... ce sont des chiffres incroyables...
Ce qui va être plus incroyable encore, c'est que certaines banques, comme CityGroup s'inspire du système et DeutscheBank en fait pareil.
Est-ce bien? est-ce mal? Je n'en sais trop rien. La seule question à se poser est celle-ci: devient-on riche indéfiniment (je ne parle pas de Muhammad Yunus bien sur) en se faisant de l'argent sur le dos des pauvres? La réponse est peut-être oui... Regarder le simple exemple: IKEA... Devenu multimilliardaire, l'homme des top10 des plus riches de la planette, Ingvar Kamprad est l'un des premiers à avoir compris ce système. Se cachant derrière une pseudo éthique "je fais des meubles pour les gens qui ont peu de moyens" il a fini par s'en mettre plein les poches. Toujours est-il que "les pauvres" continuent en masse à remplir les poches du suédois...
Rédigé par: ILD | le 14 octobre 2006 à 00:58